La Tempête des Résistances Intérieures
SAGA Mastermind Attraction

Épisode 10: La Tempête des Résistances Intérieures

Si vous avez aimé l'article vous êtes libre de le partager 😀

🔍 Tu découvres La Saga Mastermind Attraction ?
Commence par le premier épisode: Le Dernier Jour au Désert du Salaire Sûr, pour lire cette aventure depuis le début.
📖 Tu peux aussi lire l’épisode précédent, L’Escalade du Mont Mindset.

Le ciel se couvre

Le matin était clair.
Pas radieux. Pas spectaculaire. Juste… aligné.

Kevin s’était réveillé tôt, naturellement.
Pas d’alarme. Pas de course.
Un thé chaud. Son carnet ouvert sur la table.
Et une belle énergie en lui.

Depuis la rencontre au sommet et la création des Accords de la Cordée, quelque chose avait changé.
Il se sentait plus… posé.
Il avait enfin commencé ce qu’il repoussait depuis des mois :
la structure de son projet, les premiers contenus, quelques mails, même une vidéo tournée sans pression.

Tout roulait.

Mais vers 11h17, sans prévenir, l’élan se coupa.

Pas brutalement.
Comme si un petit interrupteur avait été actionné en douce.

Il relut la phrase qu’il venait d’écrire.
Elle lui parut creuse.
Il la raya. En réécrivit une autre. Pire.

Il soupira. Ferma son carnet.

Se leva. Revint. S’assit. Se releva.

Il ouvrit un onglet, pour « checker un truc vite fait ».

Quinze minutes plus tard, il avait ouvert cinq autres pages.
Météo. Mail. Réseau. Chat. Une vidéo sur “comment mieux structurer ses idées”.

Et la lumière, dehors, avait changé.

Le ciel s’était troublé. Pas menaçant, mais instable.
Comme un filtre posé entre lui et l’élan du matin.

Kevin se passa la main sur le visage.
Ce n’était pas de la fatigue.
Ce n’était pas de la flemme.
C’était autre chose.

Un malaise flou. Un ralentissement invisible.
Il pensa :

“Je suis en train de me saboter, là. Mais pourquoi ?”

Il regarda la montagne au loin.
La même que la semaine dernière.

Mais elle n’avait plus la même allure.
Elle semblait floue, presque lointaine.
Comme s’il l’avait rêvée.

Il resta là, sans bouger.
Et comprit :

Ce n’est pas la peur de rater qui revient.
C’est la peur de continuer.

Le Vent de la Dispersion

Le vent s’était levé.
À peine perceptible dans la rue, mais bien plus fort à l’intérieur.

Kevin tournait dans son appartement comme une feuille poussée par une brise capricieuse.
Il allait dans la cuisine. Ouvrait un tiroir. Le refermait.
Lançait une machine. Oubliait de l’allumer.
Prenait son téléphone. Le reposait.

Et dans sa tête, un flux constant :

“Il faudrait que tu revoies ton plan.”
“T’as oublié de répondre à ce mail pro.”
“Et ce template ? Tu devrais le modifier.”
“Ah tiens, t’as pas sauvegardé les fichiers de la dernière session ?”
“Tu ferais mieux de t’organiser avant de continuer.”

Ce n’était pas du vrai chaos.
C’était une illusion d’activité, parfaitement entretenue par une voix qui avait l’air de vouloir l’aider… mais qui ne voulait surtout pas qu’il avance.

Il s’assit. Enfin.

Devant lui, une feuille blanche.
Il tenta d’écrire. Une seule phrase.
Mais le vent mental soufflait trop fort.

Et soudain, quelque chose bougea.

Une page de son carnet s’ouvrit toute seule, portée par la brise.
Et là, griffonnée à l’encre noire :

“Ce que tu appelles confusion est parfois une stratégie de repli.”

Kevin se figea.
Il n’avait pas souvenir d’avoir écrit cette phrase.

Mais elle résonnait. Fort.

Puis, comme s’il avait été convoqué, un visiteur entra.

Pas par la porte. Pas par la pensée.
Mais dans un coin de conscience.
Une silhouette debout dans sa mémoire. Une femme mince, cheveux tirés, regard calme.

Elle ne dit qu’une seule phrase.
Pas comme une menace.
Plutôt comme une vérité nue :

— Ce n’est pas ton projet qui fatigue…
…c’est ta peur de te montrer.

Puis elle disparut.
Et Kevin resta là, dans le silence, les feuilles mentales encore frémissantes.

Il venait d’identifier la vraie bourrasque.
Pas extérieure.
Intérieure.

La Pluie des Excuses

L’après-midi s’étira comme un vieux pull humide.
Tout semblait ralenti. Froncé.
Comme si le temps lui-même avait décidé de procrastiner.

Kevin s’était à nouveau assis à son bureau.
Devant lui, le même carnet. Le même projet.
Mais entre les deux… une fine pluie invisible.

Elle ne mouillait rien.
Mais elle effaçait les élans.

Il relisait ses notes.

Et à chaque idée surgissait aussitôt une contre-idée déguisée en bonne raison.

“Tu devrais d’abord clarifier ton message.”
“Peut-être revoir tout ton positionnement.”
“Avant d’écrire, fais un benchmark.”
“Il te manque encore une vraie vision long terme, non ?”
“Tu pourrais attendre la semaine prochaine. Tu seras plus disponible.”

Chaque pensée avait l’apparence de la sagesse.
Mais elle n’était que brume rationnelle.
Un brouillard élégant.
Un faux refuge.

Kevin tenta d’ignorer.
Mais les gouttes tombaient.
Sur son carnet.
Sur sa volonté.

Il sentit même ses phrases s’effacer.

Pas physiquement.
Intérieurement.
Comme si sa mémoire créative se dissolvait dans une douche tiède d’autojustification.

Il ferma les yeux.

Et se murmura :
— Ce sont des excuses.
Mais elles sont là pour me protéger.

Alors il décida de remercier la pluie.
Vraiment.

Merci de me prévenir que je sors de ma zone de confort.
Merci de vouloir me garder dans le connu.
Merci… mais je ne vais pas m’arrêter.

Il inspira.
Saisit son stylo.

Et écrivit une phrase.
Une seule.

“Ce que j’ai à dire n’a pas besoin d’être parfait.
Il a besoin d’exister.”

Une goutte tomba sur la page.
Mais cette fois, elle ne l’effaça pas.

Elle révéla l’encre.

L’Orage de la Colère Silencieuse

Il ne s’était passé que quelques heures.
Et pourtant, Kevin avait l’impression d’avoir couru un marathon…
sans avoir bougé.

Il s’était enfermé dans le silence.
Pas celui qui apaise.
Celui qui enferme.

Il était chez lui.
Tout était calme.
Trop calme.

Un verre mal posé.
Une notification répétée.
Un mot mal choisi dans un message…

Et soudain, ça éclata.

— Putain, mais c’est pas vrai !

Il frappa du poing sur la table.
Pas fort. Mais avec une tension rentrée.

Il jeta son stylo.
Ferma brutalement son ordi.
Soupira. Longuement. Trop longtemps.

Un orage intérieur grondait.
Mais sans tonnerre.

Une colère sourde, sans cible précise.
Pas contre quelqu’un.
Pas même contre lui.

Contre ce truc diffus :

Cette impression de ne jamais être à la hauteur.
Cette fatigue d’avoir à toujours se motiver.
Cette pression invisible de devoir faire mieux.
Encore. Et encore.

Il se leva. Marcha. Revint. Se rassit.

Et murmura enfin, comme une vérité tombée d’elle-même :

— J’en ai marre de me battre contre moi.

Puis, le calme revint.
Pas un apaisement.
Un essoufflement.

Un relâchement.
Comme après une crise de larmes qui n’est jamais venue.

Il s’assit au sol.
Le dos contre le mur.
Et laissa son corps reprendre les commandes.

Ses mains étaient lourdes.
Son front humide.
Mais quelque chose en lui s’était déchargé.

Et dans ce silence-là…
un espace s’ouvrait.

L’Abri du Corps

Kevin resta longtemps assis, là, contre le mur.
Les yeux mi-clos. Le souffle court.
Mais peu à peu… quelque chose s’ajusta.

Il ne cherchait plus à comprendre.
Ni à corriger.
Juste à ressentir.

Il s’allongea sur le tapis.
Pas pour dormir.
Pas pour fuir.

Pour revenir au corps.

Le plafond était flou.
Sa respiration lente.
Et dans ce rien-là, une chose devint claire :

Toutes ses résistances…
n’étaient pas des défauts.
C’étaient des mécanismes anciens.
Des gardiens fatigués.

Il se souvint alors d’une phrase lue quelque part :

“Une partie de toi résiste parce qu’elle a peur de disparaître si tu avances.”

Alors, les yeux fermés, il parla à voix basse.
Pas à quelqu’un d’autre.
À cette part de lui qui bloquait, qui hurlait, qui doutait :

— Je t’ai laissée seule trop longtemps.
Je comprends maintenant.
Tu voulais juste me protéger.
Mais je vais avancer.
Et je vais t’emmener avec moi.
Tu n’as pas besoin de disparaître.
Tu peux évoluer.

Un frisson parcourut son dos.
Comme un noeud qui se déliait.
Une porte intérieure qui s’ouvrait.

Il posa une main sur son ventre.
Une autre sur son cœur.

Et resta là.
Dans cet abri simple.
Dans cette présence nue.
Dans cette réconciliation intime.

Lorsqu’il rouvrit les yeux, le ciel avait changé.

La lumière filtrait doucement par la fenêtre.
Pas éclatante.
Mais juste.

L’Éclair de Clarté

La nuit était tombée, douce et silencieuse.
Kevin s’était remis à sa table, sans rien attendre de spécial.

Son carnet ouvert.
Une bougie allumée.
Un silence apaisé autour de lui.

Il n’écrivait pas.
Il écoutait.

Et c’est alors que ça s’est produit.

Un flash.

Pas une idée brillante.
Pas une stratégie.

Un souvenir.

Il se revit, enfant.
Sur un sentier de montagne, tenant la main de son grand-père.
Il voulait courir. Grimper vite.
Mais le vieil homme lui avait dit :

— Si tu vas trop vite, tu verras rien.
Marche avec ce que tu veux construire. Pas contre.

Cette phrase, il ne l’avait jamais notée.
Mais elle était revenue.
Comme un éclair.
Un fil conducteur.

Et soudain, tout se réaligna.

Ce n’était pas un manque de discipline.
Ni un manque de motivation.
C’était qu’il avait voulu forcer là où il devait accompagner.

Kevin sourit.

Et dans son carnet, il écrivit :

“Je n’ai pas besoin de lutter contre mes résistances.
Je dois apprendre à marcher avec elles.”

Puis il ajouta :

“Quand je reviens à l’intention, l’action suit.”

Il releva les yeux.
La pièce était calme.
Sa posture droite.
Ses mains prêtes.

Il n’avait pas plus de temps.
Pas plus de moyens.

Mais il avait retrouvé l’élan juste.

Pas celui qui court.

Celui qui porte.

Le Calme après la Tempête

Le matin suivant, la lumière était claire.
Pas spectaculaire. Pas magique.
Juste stable.

Kevin ouvrit les volets.
L’air sentait la pluie passée.
Le monde semblait lavé.
Et en lui… une sensation neuve.

Pas l’excitation d’un nouveau départ.
Pas le soulagement d’avoir “survécu”.

Plutôt… une présence posée.
Comme si chaque cellule savait désormais que la tempête fait partie du voyage.

Il s’assit à sa table.
Sortit son carnet.

Pas de to-do.
Pas de plan à dérouler.
Juste une envie calme : avancer.

Il relut quelques pages.
Celles du cercle.
Du marécage.
Du sommet.
De la tempête.

Puis il écrivit, d’une écriture ferme :

“Une résistance traversée devient une force tranquille.”

Un ding retentit.

Un message.

Un membre du mastermind Attraction :

“Merci pour ton dernier message.
Grâce à toi, j’ai osé relancer mon projet. J’ai peur… mais j’y vais.”

Kevin sourit.
Puis posa son téléphone.

Il colla au mur, face à lui, une feuille blanche.
Et y écrivit un mot au feutre :

Continuer.

Ce soir-là, en refermant les rideaux, il jeta un dernier regard au ciel.

Pas pour chercher un signe.

Mais pour se rappeler :Il avait traversé.
Il pouvait guider.

À suivre… Épisode 11 : Le Duel contre le gardien du Doute Ultime

4 commentaires

  • Magalie Vernet-Hanotaux

    Merci Benoit pour ce récit limpide. J’apprécie la progression en actes – dispersion, excuses, colère – qui rend visible la mécanique de nos résistances intérieures. L’image de l’« abri du corps » résonne particulièrement : et si, chaque matin, on s’accordait 3 minutes pour reconnecter posture et souffle avant de se mettre au travail ? Pour ma part, j’écris 15 minutes tous les matins, et cela me reconnecte à l’essentiel.

  • Valérie Matime

    Quel texte puissant.
    Je me suis reconnue à chaque étape de cette tempête intérieure — ce glissement subtil entre l’élan du matin et les résistances invisibles de l’après-midi.
    La phrase “Je n’ai pas besoin de lutter contre mes résistances. Je dois apprendre à marcher avec elles.” m’a profondément touchée.
    Merci pour cette narration fine et humaine, qui parle autant à l’entrepreneur qu’à l’être en chemin.
    Je continue de lire… et de continuer, justement.

  • Edouard Le Minor

    Quel texte puissant… On s’y retrouve tellement dans ces tempêtes intérieures. Merci pour cette manière si sensible de les raconter. Ça fait du bien de voir qu’on peut apprendre à marcher avec elles, sans s’y perdre. 🙏

Laisser un commentaire

Verified by ExactMetrics