Le Duel contre le Gardien du Doute Ultime
SAGA Mastermind Attraction

Épisode 11: Le Duel contre le Gardien du Doute Ultime

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Commence par le premier épisode: Le Dernier Jour au Désert du Salaire Sûr, pour lire cette aventure depuis le début.
📖 Tu peux aussi lire l’épisode précédent, La Tempête des Résistances Intérieures


L’Étrange Invitation

La pluie avait cessé depuis quelques heures.
Kevin marchait dans les rues, les mains dans les poches, l’esprit dégagé.
Il revenait d’une séance avec le Mastermind Attraction. C’était fluide. Inspirant.
Il se sentait à sa place.

En rentrant chez lui, il trouva son carnet posé sur le bureau, ouvert à une page qu’il n’avait pas tournée.

Sur la page blanche, une ligne fine apparaissait lentement, comme si l’encre écrivait seule.

“Il reste une seule clé à récupérer.”

Puis, quelques secondes plus tard, une deuxième ligne :

“Elle est entre tes mains. Mais tu devras te tenir droit.”

Enfin, un symbole se dessina à l’encre noire :
Une clé, simple, ancienne… dont la forme ressemblait à une fusion de plume et de flamme.

Mais aussitôt qu’il la fixa, l’encre se mit à pâlir.
Et la clé disparut.

Kevin passa les doigts sur la page.
Lisse. Sèche. Vide.

Il referma doucement le carnet.
Un frisson remonta sa colonne.

Ce n’était pas une simple image.

C’était une invitation.

Pas à briller.
Pas à prouver.
Mais à retrouver quelque chose qu’il croyait avoir dépassé.

Il posa la main sur sa poitrine.
Le cœur battait fort. Pas de peur.
D’intensité.

Il ne savait pas encore ce qu’il allait affronter.

Mais il savait que cette fois,
ce ne serait pas contre le monde.
Ce serait en face de lui-même.

Le Passage du Jugement

La ville semblait familière.
Mais ce matin-là, quelque chose était… décalé.

Kevin marchait sans but précis, guidé par une sensation plutôt que par une destination.
Son carnet dans la poche.
Le cœur à l’écoute.

Et soudain, une ruelle.
Il n’avait jamais remarqué cet interstice entre les deux immeubles.
Trop étroit pour être une rue. Trop réel pour être un mirage.

Un courant d’air frais l’attira.
Comme si un monde l’appelait à entrer dans une question plutôt que dans un lieu.

Il franchit l’arche de pierre.
Et le silence se fit.

Les murs étaient sombres.
Pas inquiétants… mais chargés.

Chaque pas qu’il faisait résonnait dans l’espace — et en lui.

Puis vinrent les voix.

Pas fortes.
Pas claires.

Des murmures, comme portés par les briques elles-mêmes.
Des phrases qu’il connaissait trop bien :

“Tu crois vraiment que tu as quelque chose à apporter ?”
“Tu te prends pour un guide ? Tu ne tiens même pas tes engagements envers toi-même.”
“Encore une idée qui ne mènera nulle part.”
“Regarde les autres. Tu n’es qu’un parmi tant d’autres.”
“Tu veux inspirer ? Commence déjà par être cohérent.”

Kevin s’arrêta.

Chaque phrase touchait une faille précise.
Ce n’était pas une attaque.
C’était une radiographie de ses insécurités.

Il sentit ses jambes devenir plus lourdes.
Son souffle plus court.

Mais il ne fit pas demi-tour.

Il ferma les yeux.
Et murmura :

— Je vous entends.
Et vous avez raison… parfois.
Mais vous n’êtes pas la totalité de moi.

Les voix se turent.

Un pas. Puis un autre.

À la sortie de la ruelle, un portail de métal forgé se tenait là, entrouvert.

Gravée sur la porte :

“Pour avancer, tu devras regarder en face ce que tu caches si bien.”

Kevin passa le seuil.

Et la lumière changea.

La Chambre des Reflets

De l’autre côté du portail, tout semblait silencieux.
Pas de décor précis.
Juste une lumière douce, uniforme, presque irréelle.

Mais en avançant de quelques pas, Kevin comprit où il se trouvait.

Les murs, le sol, le plafond…
tout était miroir.

Des surfaces lisses, profondes, qui ne reflétaient pas seulement son visage,
mais ses versions passées, ses états oubliés, ses postures inconscientes.

À sa gauche : un adolescent, mal coiffé, rêvant de liberté mais tétanisé par le regard des autres.
À sa droite : le salarié modèle, costume impeccable, sourire en vitrine, vide dans les yeux.
Un peu plus loin : l’artiste étouffé, frustré, rempli d’idées non exprimées.
Puis le coach trop gentil, celui qui voulait aider tout le monde, quitte à s’oublier.
Et même le stratège, froid, méthodique, efficace… mais sans feu dans les veines.

Chaque miroir montrait un masque.
Un fragment de lui, jamais totalement faux… mais jamais totalement libre non plus.

Puis les reflets commencèrent à bouger.
Ils parlaient.
Tous. En même temps.

“Tu changes trop souvent de direction.”
“Tu te disperses.”
“Tu te prends pour qui ?”
“Tu n’es pas crédible.”
“T’as pas les épaules.”
“Tu finiras comme d’habitude : en abandonnant.”

Le bruit devint assourdissant.
Comme un essaim d’abeilles dans sa tête.
Il voulut reculer, fermer les yeux, fuir.

Mais au centre de la pièce… un reflet immobile.

Lui.
Aujourd’hui.
Tel qu’il est.

Ni parfait, ni cassé.
Présent.
Vrai.

Kevin s’approcha de cette image centrale.
Regarda ce reflet dans les yeux.

Et doucement, tous les autres s’effacèrent.
Un à un.
Silencieux.
Acceptés.

Seul resta ce miroir du présent.

Il tendit la main.
Toucha la surface.

Et la pièce s’ouvrit.

Pas par une porte.
Mais comme un voile qu’on déchire doucement.

Derrière, une salle obscure.
Et, au centre…

Un trône.

Et assis dessus… le Gardien.

Le Gardien apparaît

Il était là.
Assis, immobile.
Silencieux.

Le trône n’avait rien de royal.
Juste une pierre brute, posée au centre d’un cercle de cendres.

Et sur cette pierre, lui-même.

Mais pas comme il est.
Comme il aurait pu devenir.

Le dos voûté, mais les yeux perçants.
Une barbe grise de lassitude, pas de sagesse.
Des vêtements sobres, sans chaleur.
Un regard d’une lucidité glaciale.

Kevin sentit immédiatement ce que cette présence incarnait :
le renoncement intelligent.

Pas l’échec.
Pas l’ignorance.

Mais la résignation brillante.
Celle de celui qui sait… mais qui ne croit plus.
Celui qui a analysé toutes les issues… pour ne plus jamais bouger.

Le Gardien leva les yeux. Et parla.

— Alors te voilà.
Tu veux encore croire qu’il suffit d’un peu de foi pour bâtir quelque chose ?
Tu crois que ton petit Mastermind changera quoi que ce soit ?
Tu veux porter des gens, alors que tu peines à porter tes journées ?

Chaque mot était précis.
Pas crié.
Injecté.

Kevin ne répondit pas.

Mais le Gardien continua :

— Tu as de belles idées, Kevin.
Mais les idées ne suffisent pas.
Tu veux être différent ?
Tu veux créer un autre monde ?
Il y a déjà mille autres comme toi.
Et tu sais quoi ?
Ils abandonnent tous.

Silence.

Un silence lourd.

Puis, presque doucement :

— Pourquoi pas toi ?

Kevin recula d’un pas.
Son ventre se serra.
Tout en lui hurlait de se défendre.

Mais une voix plus calme s’éleva en lui :

“Ce n’est pas un combat. C’est un miroir.”

Il inspira.

Et s’avança de nouveau.

Le Duel Intérieur

Le Gardien ne bougeait pas.
Assis dans sa vérité tranchante.
Le regard vissé dans celui de Kevin.

Le silence s’était installé.
Mais ce n’était plus un silence vide.
C’était un champ de tension.

Pas un duel à l’épée.
Un duel d’attention.

Kevin ne répondit toujours pas.
Il sentait que chaque mot, chaque argument, serait une défaite.
Car ce gardien n’était pas là pour être convaincu.

Il était là pour être vu.

Alors Kevin s’approcha encore.
Un pas. Puis un autre.
Jusqu’à se tenir à quelques mètres du trône.

Et il parla.
Pas pour se défendre.
Pas pour expliquer.

Mais pour reconnaître.

— Tu n’as pas tort.
J’ai douté. J’ai échoué. J’ai fui.
J’ai commencé mille fois.
J’ai eu peur de réussir. Encore plus que d’échouer.
J’ai voulu être spécial. J’ai voulu être utile.
Et j’ai souvent eu envie d’abandonner.

Le Gardien ne répondit pas.
Mais ses yeux vacillèrent.
Juste un peu.

Kevin continua :

— Mais ce que j’ai vécu, ce que j’ai appris, ce que j’essaie de bâtir…
Ce n’est pas pour prouver.
C’est pour partager.

Un silence. Plus doux. Plus dense.

— Je ne suis pas un héros.
Je suis un homme qui se relève.
Et qui tend la main, pendant qu’il le fait.

Le Gardien se leva.
Sans bruit.
Sans menace.

Il fit un pas. Puis un autre.
Arriva face à Kevin.

Et le regarda droit dans les yeux.

— Tu n’as pas besoin de me vaincre, dit-il.
Tu as juste besoin… de m’accepter.

Kevin hocha la tête.
Posa une main sur l’épaule du Gardien.
Et dit, avec calme :

— Je ne t’effacerai pas.
Je t’emmène avec moi.

Le Gardien ferma les yeux.

Et dans un souffle…
disparut.

Ne laissant derrière lui qu’un éclat sombre au sol :
une sphère de lumière noire, pulsante, dense, comme une étoile inversée.

Kevin la ramassa.
Elle n’était pas froide.
Elle n’était pas chaude.

Elle était vivante.

La Fusion

La sphère de lumière noire reposait dans sa paume.
Elle ne brûlait pas.
Elle ne brillait pas.

Elle vibrait.

Comme un cœur oublié qui continuait à battre dans l’ombre.

Kevin la contempla. Longtemps.
Il sentit une part de lui hésiter.
Une dernière peur.
Celle d’absorber cette énergie sombre et de ne plus être lui-même.

Mais au lieu de la rejeter, il murmura :

— Tu fais partie de moi.
Tu n’es pas l’ennemi.
Tu es le doute qui m’a rendu plus humble.
Tu es la peur qui m’a appris l’écoute.
Tu es l’ombre qui me rappelle que je suis vivant.

Il ferma les yeux.
Et approcha lentement la sphère de son cœur.

Quand elle entra en lui,
ce ne fut pas une explosion.
Pas une illumination.

Ce fut un réalignement.

Un frisson d’acceptation.
Comme si les morceaux épars de son être retrouvaient leur place.

Pas pour devenir parfait.
Mais pour devenir entier.

Il sentit alors une nouvelle solidité intérieure.
Pas une armure.
Une colonne.

Un axe.

Et un mot résonna en lui, sans bruit, sans forme, mais avec une évidence absolue :

Présence.

Quand il rouvrit les yeux, la pièce avait changé.

Les murs avaient disparu.
Le sol s’était dissous.
Il se tenait au centre d’un cercle de lumière tamisée, ouvert sur le ciel.

Et devant lui…
une seule porte.
Simple. De bois brut.
Sans serrure.

Gravée au-dessus, une phrase :

“Celui qui doute, mais avance, est plus fort que celui qui agit sans conscience.”

Kevin posa la main sur la poignée.

Et sourit.

La Sortie des Reflets

La main sur la poignée, Kevin respira profondément.

Ce n’était pas une porte vers un autre monde.
C’était une porte vers le même monde,
mais vu avec d’autres yeux.

Il l’ouvrit.

De l’autre côté, rien d’éclatant.
Pas de musique. Pas de révélations.

Juste la ville,
le même trottoir,
le même air du matin,
le même silence qui précède le réveil.

Mais quelque chose en lui avait changé.

Plus léger ? Non.
Plus vaste.

Il ne cherchait plus à prouver.
Il voulait transmettre.
Pas depuis la certitude.
Mais depuis l’ancrage.

Ses pas étaient plus calmes.
Moins pressés.
Moins chargés.

En traversant la place, il aperçut un banc.
Un homme y était assis, l’air las.
Kevin le reconnut :
l’un de ceux du Mastermind Attraction.

Il s’approcha.
Pas pour motiver.
Pas pour corriger.

Juste pour s’asseoir à côté.

Ils échangèrent un regard.
Pas besoin de mots.

Puis l’homme souffla :

— T’es toujours là, toi.
Moi, j’allais lâcher.

Kevin sourit.

— Alors t’es tombé au bon endroit.

Ils ne parlèrent pas de stratégie.
Ils ne firent pas de plan.

Ils restèrent là, un moment.
En silence.

Deux hommes.
Deux parcours.
Un feu commun, désormais moins fragile.

En repartant, Kevin regarda le ciel.

Il n’y voyait plus de signe.

Mais il n’en avait plus besoin.

Il était le signe.
Pour lui.
Et pour ceux qui venaient après.

Retour au Mastermind Attraction

La pièce était la même.
Quatre murs, une table en bois, des coussins disposés en cercle.
Une bouilloire fumait doucement dans un coin.

Ils arrivaient un par un.
Certains en silence.
D’autres en plaisantant, pour masquer le trac.

Kevin les regardait entrer.
Pas avec distance.
Avec accueil.

Chacun portait quelque chose de nouveau.
Un regard plus clair.
Une fatigue plus noble.
Un doute plus humble.

Quand tout le monde fut là, un silence s’installa.
Un de ces silences d’avant les grandes traversées.
Mais cette fois… personne ne le craignait.

Kevin prit la parole.
Pas debout.
Assis, au même niveau.

— Je ne vais pas animer aujourd’hui.
Je vais écouter.
Et peut-être juste… témoigner.

Il raconta alors son duel.
Le Gardien.
Les miroirs.
Le poids du doute ancien.

Pas pour impressionner.
Pas pour enseigner.

Juste pour ouvrir.

— J’ai compris que mon doute ne disparaîtrait pas.
Mais que je pouvais marcher avec lui,
sans lui donner les rênes.

Des regards émus.
Aucun bruit.

Puis, un membre du mastermind Attraction ajouta :

— Et si on faisait ça… à chaque rencontre ?
Se dire où on en est. Même quand c’est flou.
Même quand c’est moche.

Un autre acquiesça :

— Sans se sauver.
Juste… rester ensemble dans ce qu’on vit.

Ils ne l’avaient pas prévu.
Mais le vrai pacte venait d’être renouvelé.

Avant de partir, Kevin prit une craie et écrivit sur le tableau, dans un coin :

“Avancer ensemble, même quand on doute. Surtout quand on doute.”

Il posa la craie.
Et regarda le Mastermind Attraction.

Ils n’étaient plus là pour se convaincre.
Ils étaient là pour co-construire.

Et ça changeait tout.


À suivre la semaine prochaine, le dernier épisode de cette SAGA palpitante … Épisode 12 : L’Entrée dans la Cité de l’Abondance

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